L’institution Education Nationale ressemble de loin à une maison plutôt pimpante, dont les murs et cloisons de papier mâché font illusion, pourvu que le vent ne souffle pas trop fort, tant que la pluie ne vient pas délaver ses couleurs et miner ses fondations.
Pénétrons dans ce bâtiment, et ouvrons la porte de la salle où se déroule Le sacro saint Conseil de classe…
Les parents et les élèves qui siègent dans ces conseils ont une parole muselée le plus souvent.
Les professeurs, eux, manifestent plus ou moins clairement leur impuissance à résoudre les problèmes des élèves en échec, ou à les guider vers des solutions.
Le fonctionnement du CC est d’une grande hypocrisie : tout le monde fait semblant de croire en l’utilité (pour les élèves) d’un tel système. Mais, en fait, sa justification la plus visible semble être seulement d’affirmer publiquement le pouvoir de l’institution.
De même, à l’intérieur de l’institution, quand un professeur a, comme on dit pudiquement, « des problèmes de discipline », il ne rencontre que le silence gêné de ses pairs, et l’incapacité du personnel administratif à lui apporter la moindre aide.
Quand les professeurs expriment leurs critiques (raisonnée et raisonnable) sur les programmes, ou le bac, ou la notation, ils ne sont pas entendus par leur hiérarchie : ils sont parfois consultés, mais leurs avis sont ignorés le plus souvent.
Une hypocrisie similaire préside au fonctionnement du bac : ainsi, les notes que le correcteur, en conscience, estime justes sont parfois, et de plus en plus souvent, soumises à une sorte de péréquation et l’on constate donc que, quelle que soit la difficulté de l’épreuve, ou quel que soit le niveau des copies, la moyenne reste à peu près identique…
Pire encore, il nous est souvent arrivé de juger les sujets de bac mal formulés, les questions impossibles à bien comprendre ou bien trop difficiles à traiter: dans ce cas, on fait mine de rien : on note généreusement « pour que l’élève ne soit pas lésé », ce qui relève d’une excellente intention, mais, en chemin, on s’aperçoit que, encore une fois, tout le travail d’évaluation perd son sens pour l’élève et pour le professeur.
Seules, les apparences sont sauves!
Au bout du compte, on voit que, très artificiellement, l’autorité, et le pouvoir des enseignants sont sauvegardés, mais chacun sait bien, en son for intérieur, la faiblesse et la fragilité de cette construction.